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Droit & confidentialité

Enregistrer une réunion au travail : ce que dit la loi.

Par Elias Salvan, CEO de Notus · Publié le 10 septembre 2026 · 6 min de lecture

Cet article décrit le droit français et le RGPD. Il ne remplace pas l’avis d’un avocat sur votre situation.

En toute transparence. Nous fabriquons Notus, un enregistreur de poche qui transcrit et résume vos réunions. Nous avons donc intérêt à ce que vous enregistriez, et à ce que vous le fassiez dans les règles. Cet article explique comment.

En résumé

Enregistrer une réunion professionnelle est légal en France si les participants en sont informés au préalable. Sans cette information, c’est en principe un délit.

L’article 226-1 du code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende le fait de capter les paroles prononcées à titre privé ou confidentiel sans le consentement de leur auteur. La règle pratique tient en une phrase : vous pouvez enregistrer, mais pas en cachette.

Quatre questions viennent ensuite. Que veut dire « informé » concrètement ? Qu’ajoute le RGPD ? Que pouvez-vous faire de la transcription ? Combien de temps avez-vous le droit de la garder ?

Ce que « informer les participants » veut dire concrètement

La jurisprudence ne réclame pas de formulaire signé. Elle réclame que personne ne puisse dire, de bonne foi, qu’il ignorait l’enregistrement. Trois pratiques suffisent dans la quasi-totalité des réunions professionnelles.

Le point qui coûte cher en contentieux, c’est que l’information doit être préalable. Annoncer l’enregistrement à la fin de la réunion ne régularise rien.

Et si un participant refuse ?

Vous n’enregistrez pas. Le refus d’une seule personne suffit à rendre l’enregistrement illicite pour toute la réunion, puisque sa voix y figure. Il ne vous reste alors que la prise de notes, et un compte rendu validé par les participants a de toute façon plus de valeur qu’un enregistrement contesté.

Le cas du salarié qui enregistre son employeur

C’est la situation la plus fréquente et la plus mal comprise. Un enregistrement réalisé à l’insu de l’employeur reste en principe un délit pénal. Pourtant, depuis un revirement de la Cour de cassation en assemblée plénière du 22 décembre 2023, une preuve obtenue de façon déloyale n’est plus automatiquement écartée du procès civil. Le juge peut la retenir si elle est indispensable à l’exercice du droit à la preuve et si l’atteinte reste proportionnée. Un tel enregistrement peut donc être recevable devant le conseil de prud’hommes et vous exposer à des poursuites pénales. Les mêmes règles valent pour un appel, comme nous l’expliquons dans Enregistrer une conversation téléphonique : est-ce légal ?

Ce que le RGPD ajoute dès que vous enregistrez

Une voix identifie une personne. Un enregistrement est donc une donnée personnelle, sa transcription aussi, et le RGPD s’applique dès la captation. Le responsable du traitement est en général votre entreprise ou votre cabinet, qui doit respecter quatre obligations concrètes.

ObligationCe que ça veut dire pour une réunion
Base légale L’intérêt légitime de l’entreprise suffit pour un compte rendu interne. Si l’enregistrement sert à évaluer des salariés, leur consentement ne peut pas servir de base, car un salarié n’est pas libre de refuser à son employeur. Il faut alors un intérêt légitime documenté, l’information préalable des salariés (art. L. 1222-4 du code du travail) et la consultation du CSE (art. L. 2312-38).
Information Les participants doivent savoir qui conserve l’enregistrement, pourquoi, où, et combien de temps.
Minimisation Si le compte rendu suffit, l’audio brut doit être supprimé. Garder les deux « au cas où » ne se justifie pas.
Durée de conservation Elle doit être fixée à l’avance et appliquée automatiquement. La CNIL n’impose pas de durée unique, mais la vôtre doit être justifiable.

Le sous-traitant compte autant que vous

Si la transcription passe par un service tiers, ce service est votre sous-traitant. Il vous faut un contrat au sens de l’article 28 du RGPD et, si les serveurs sont hors de l’Union européenne, un mécanisme de transfert valide. Notus proposera ce contrat de sous-traitance à ses clients professionnels. La plupart des comparatifs d’enregistreurs passent ce point sous silence, et nous le détaillons dans notre comparatif Notus / Plaud Note. La question n’est pas seulement de savoir qui transcrit, mais aussi où part le fichier et qui peut y accéder (voir Cloud Act : pourquoi un serveur en France ne suffit pas).

Réunions en visioconférence : la même règle, un piège de plus

Teams, Zoom et Meet affichent une bannière d’enregistrement, ce qui remplit techniquement l’obligation d’information. Le piège est ailleurs. La transcription automatique est parfois activée par défaut pour toute l’organisation, sans que personne sache qu’elle tourne ni où les fichiers sont stockés. Avant de vous demander si vous pouvez enregistrer une réunion, vérifiez que votre outil ne l’enregistre pas déjà.

Combien de temps garder un enregistrement de réunion ?

Il n’existe pas de durée légale unique. Voici les durées qui se défendent en pratique.

Avec Notus, la transcription et le résumé arrivent sur le téléphone une trentaine de secondes après la fin de l’enregistrement. L’audio est alors supprimé, et il l’est aussi chez nos sous-traitants sous 48 heures au plus. Seules la transcription et la note sont stockées, 30 jours sur l’offre gratuite. Une suppression qui s’applique toute seule vaut mieux qu’une politique que personne n’exécute.

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À retenir

Sources : article 226-1 du code pénal ; articles L. 1222-4 et L. 2312-38 du code du travail ; Cour de cassation, assemblée plénière, 22 décembre 2023, n° 21-11.330 ; règlement (UE) 2016/679 (RGPD), articles 5, 6, 13 et 28 ; CEPD, lignes directrices 05/2020 sur le consentement ; recommandations de la CNIL sur l’enregistrement en milieu professionnel.